La Claque Festival

Chateau Montplaisir

BACCHANTES

Trans Rock Chamanique (NANTES)

> SAMEDI 21h45
 

Bacchantes, c’est Amélie Grosselin (Fordamage: voix, guitare électrique ), Astrid Radigue (Mermonte: voix, batterie ), Claire Grupallo (Sieur & Dame: voix, harmonium indien, claviers) et Faustine Seilman (voix, harmonium indien, claviers).

[..] Rock de caractère, et chant lyrique, appuient un propos sans détour, classieux mais aussi charnel, que ce premier album éponyme illustre magnifiquement. On est là dans une certaine originalité, parfaite par de nombreuses années de pratique antérieure où pop, noise, lyrisme radical et folk baroque ont fait merveille, venant maintenant nourrir le travail de Bacchantes. Will Dum – Muzart.fr

l y a la mythologie : celle des livres, de la poussière et les histoires que l’on s’approprie. Bacchantes n’est pas un groupe d’aujourd’hui, ni celui d’hier. Elles sont quatre, ce sont des femmes. C’est un fait. Elles jouent du rock, ont monté un instrumentarium qui leur est totalement propre entre acoustique et électrique ; guitare, batterie, claviers et harmonium indien. C’est un cadre. Elles ont immédiatement su que la versatilité de leurs expériences serait un socle de construction artistique fort. Un cri au monde. Ces quinze dernières années ces quatre artistes ont arpenté des terrains variés participant à la singularité radicale du projet. La noïse avec Fordamage, la pop plurielle chez Mermonte, le lyrisme radical au sein de Sieur&Dame, et enfin la folk baroque pour Faustine Seilman.
 
Les constructions de leurs morceaux s’appuient sur des poésies anciennes, questionnant des sujets tels l’amour, la nature, la recherche de liberté. Elles agrègent ces déclamations de rock et d’un chant lyrique frondeur pour mieux rendre audible le propos dans notre époque cynique. Derrière chaque instant sombre surnagent des éclaircies à venir. Tels des larsens triomphants, les horizons se dégagent de manière inexorable. Bacchantes nous fait accepter que la douceur est projections fantasmagoriques. En les faisant leurs, en remettant en forme électrique ces savoirs anciens, Bacchantes s’inscrit pleinement dans le présent. Le projet n’est pas un montage ecclésiastique d’adoubement des textes visités. Les musiciennes sont joueuses, osent à mélanger le tribal à la mélodie, la fin du monde au renouveau, la mort à la renaissance.
 
Des voix prenant littéralement corps comme voile de protection aux attaques de notre siècle, ces chœurs qui en s’entrechoquant créent une transe atypique. Musique à la fois de sorcières et de sages, le rituel se veut surtout bienfaiteur. De regards elles dictent le tempo de nos émotions, et nous embarquent dans cette messe païenne redéfinissant les joutes médiévales. Bacchantes est une proposition hors du temps, qui ne souffre d’aucun repère. Fermez les manuels, les réponses se trouvent sur scène, lumières allumées et gobelets remplis.

Jocelyn Borde

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